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AVANT-PROJET DE LOI portant organisation du service
militaire national.
L’Assemblée Nationale a délibéré et
adopté ;
Le Président de la république
promulgue la loi dont la teneur suit :
Article 1er - Il est créé,
au sein des Forces Armées Béninoises, un service militaire national.
CHAPITRE PREMIER : GENERALITES
Article 2 - Le service
militaire national vise à apporter un concours personnel et temporaire à la
communauté nationale et à développer la solidarité et le sentiment
d’appartenance à la Nation , selon des modalités particulières liées au contexte
économique, social et démographique.
Il a pour buts de :
dispenser
aux appelés la formation militaire, civique et morale nécessaire à tout citoyen
véritable ;
les
faire participer à des tâches d’intérêt général, notamment mais pas
exclusivement, dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture,
de la défense, de la sécurité et de la prévention.
Article 3 - Le service
militaire national correspond, dans l’ensemble, au service militaire. Comme lui,
il demande au citoyen de consacrer la totalité de son activité, pendant une
période fixée par décret, aux besoins de la collectivité.
Le service militaire national
diffère cependant du service militaire en ce qu’il tient compte de la valeur
sociale de l’individu au moment de son incorporation et tend à l’améliorer en
tenant compte des branches spécialisées qui lui permettent de travailler au
profit du développement économique et social du pays.
Article 4 - Les citoyens
béninois des deux sexes, titulaires d’un diplôme professionnel, du baccalauréat
de l’enseignement du second degré ou d’un diplôme universitaire peuvent être,
dans la limite des emplois budgétaires prévus à cet effet, appelés à servir avec
la qualité de militaires dans les armées, sous réserve de présenter les
aptitudes nécessaires à l’exercice de la fonction à laquelle ils seront
affectés. A la date du dépôt de leur recensement, ils doivent être âgés de dix
huit ans au moins et de trente cinq ans au plus.
Le service militaire national est
d’une durée de douze mois. Il est, en tant que de besoin pour l’État,
renouvelable une fois à la demande de l’appelé.
Article 5 - Les citoyens
béninois engagés dans le service militaire national sont placés sous la
responsabilité du Chef d’État Major Général des Forces Armées Béninoises.
Ils reçoivent un pécule dont le
montant est fixé par Décret pris en Conseil des Ministres. Leurs soins de santé
sont assurés, aux frais de l’État, par les services publics compétents.
En cas de dommages corporels subis,
dans le cadre ou à l’occasion de leur service, ils peuvent obtenir de l’État une
réparation destinée à assurer l’indemnisation du préjudice subi calculée suivant
les règles de droit commun.
Article 6 - Tout appelé
reconnu coupable d’acte d’indiscipline est rayé du service militaire national ;
il en est de même pour tous les actes contraires à son statut, dûment constatés
par les différents employeurs.
En outre, toute absence injustifiée
de moins de six jours appelle une sanction dont la gravité est fonction de la
durée.
L’absence injustifiée de plus de six
jours constitue la désertion, ou abandon de poste. Elle est sanctionnée, de
plein droit, de la radiation pure et simple du service militaire national.
CHAPITRE II : LE RECENSEMENT
Article 7 - Tout citoyen
béninois remplissant les conditions d’âge et de qualification, requises pour le
service militaire national et énoncées ci-dessus, doit se faire recenser à la
mairie de son lieu de résidence habituelle dans un registre spécial affecté à
cet effet.
Article 8 - À l’occasion
du recensement, l’intéressé déclare son état civil, sa situation familiale et
scolaire, universitaire ou professionnelle. L’administration municipale lui
délivre un récépissé de recensement.
Article 9 - Le citoyen
régulièrement inscrit qui n’a pas été appelé à accomplir le service militaire
national ne peut se le voir opposer.
Dans ce cas, il peut, sur production
du récépissé de recensement, se faire délivrer un certificat de position
militaire conforme par les services compétents des Forces Armées Béninoises.
Article 10 - Les auteurs et les
complices de faux témoignage, de fausse déclaration, manœuvre frauduleuse
tendant à se soustraire, ou à soustraire autrui, de l’accomplissement du service
militaire national, sont punis conformément aux textes en vigueur.
CHAPITRE III : L’ORGANISATION DU
SERVICE MILITAIRE NATIONAL
Article 11 - Le service
militaire national obéit à une autorité rigoureusement hiérarchisée. Il
constitue, pour le pouvoir exécutif, un levier apte à lui permettre une action
efficace dans le redressement économique et social de la Nation.
Son commandement est assuré par un
officier général ou supérieur des Forces Armées Béninoises. Celui-ci a
compétence pour prendre les décisions concernant le service, fixer les objectifs
à atteindre et veiller à leur exécution.
Article 12 - Le Chef
d’État Major des Forces Armées Béninoises exerce directement à l’égard du
service militaire national les attributions et les responsabilités que lui
confèrent les lois et règlements vis-à-vis de l’ensemble des formations relevant
de son commandement. Il fixe les conditions d’emploi du service militaire
national.
Article 13 - Les effectifs
du service militaire national sont inscrits au budget du ministre chargé de la
défense nationale qui prévoit les crédits nécessaires au fonctionnement, à
l’investissement et au soutien de ce service.
CHAPITRE IV : DISPOSITIONS DIVERSES
Article 14 - Pour être autorisé à
s’inscrire aux examens et concours soumis au contrôle de l’autorité publique,
tout citoyen béninois des deux sexes, âgé de moins de trente cinq ans, doit
justifier de l’accomplissement du service militaire national ou, à défaut, de
son recensement constaté dans le certificat de position militaire, à compter de
l’entrée en vigueur de la présente loi.
Article 15 - La présente
loi, qui abroge toutes les dispositions antérieures contraires, sera exécutée
comme loi de l’État.
Fait à Cotonou le ………….. 2007
RÉPUBLIQUE DU BÉNIN
Présidence de la République
RAPPORT DE LA COMMISSION
INDEPENDANTE CHARGEE D’ETUDIER LES MODALITES DE MISE EN ŒUVRE DU SERVICE
MILITAIIRE NATIONAL
Dans le souci de donner espoir à
notre jeunesse, en déperdition sur le plan des valeurs citoyennes, de la morale
et du respect du bien public, le Président de la République , Chef de l’État,
Chef du Gouvernement, le Docteur Boni YAYI a voulu réinstaurer le service
civique, patriotique et militaire.
La Haute Autorité s’est également
avisée, au cours de ses tournées dans certains établissements publics
d’enseignement, que les jeunes citoyens en fin de formation professionnelle ou
universitaire, qui sont sans emploi, pourraient apporter une contribution à la
résolution du problème de pénurie de personnels, notamment dans les secteurs de
l’éducation et de la santé. C’est ce qui explique la décision qui a été prise
par le Conseil des Ministres, au cours de sa séance extraordinaire le samedi 19
mai 2007.
Pour la mise en œuvre de cette
décision, une commission indépendante a été instituée pour réfléchir et
soumettre à la Haute Autorité des propositions concrètes relativement aux
modalités de mise en œuvre du service militaire national.
Cette Commission est composée des
personnalités ci-après :
1- Eric ADJA Assistant/DC/PR
2- Colonel Mathias ADJOU-MOUMOUNI
DOPA/MDN
3- Martin ASSOGBA Pdt/ONG/ALCRER
4- Antoine AZONHOUNME DGPN/MISPC
5- Général Mathieu A. BONI EMG/MDN
6- Colonel Codjo DJINOU DGPD/MDN
7- Souley I. DOGO DAC/MTFP
8- Issaou GADO D/INFRE/MEPS
9- Edgard GUIDIBI CTPGC/PR
10- Rick GNONLONFOUN SGM/MEPS
11- Macaire E. JOHNSON DG/CENOU
12- IM2 Alidou KODA DSIA/MDN
13- Christian LODJOU CT /MS
14- IMA Mohamed IDRISSOU DSIA/MDN
15- Edouard A. OUIN-OURO DAC/PR
16- Professeur Dorothé C. SOSSA D/FADESP/UAC
17- Colonel Cocou L. SEMEGAN DGGN/MDN
18- Victor TOPANOU CTJ/PR
19- Bonaventure VIGAN DGPD/EMG/MDN
20- Liamidi A. YESSOUFOU DG
p.i./ANPE
21- Pierre ZOCLI Pdt/Junior
Achievement
Le Colonel Cassien DJIGLA et
l’Intendant Militaire Adjoint Mohamed IDRISSOU ont représenté, à certaines des
réunions, respectivement le Général Mathieu BONI et le Colonel Alidou KODA.
Par ailleurs, Monsieur Abiola
Salomon CHABI, consultant indépendant, s’était également joint à la Commission ,
le vendredi 1er juin 2007, comme personne ressource.
La Commission a tenu sa première
réunion le mardi 29 mai 2007 dans la salle de conférence de la Direction
Générale de la Police Nationale. Au cours de cette séance, le Directeur Adjoint
de Cabinet du Président de la République a rappelé l’origine de la mission
assignée et les objectifs à atteindre par les commissaires.
Il est ressorti de cet exposé
préliminaire, ainsi que de la lecture des documents mis à sa disposition, que la
Commission doit produire un avant-projet de loi appuyé d’un rapport justificatif
instaurant le service militaire obligatoire.
La Commission a ensuite procédé à la
constitution consensuelle d’un bureau chargé de la direction des travaux. Ce
bureau se compose comme suit :
Président :
Professeur Dorothé C. SOSSA, LL.D. (Ottawa), Agrégé des facultés de droit,
ancien ministre, Doyen de la Faculté de droit et de sciences politiques de
l’Université d’Abomey-Calavi ;
Vice-président :
Général Mathieu A. BONI, Chef d’État Major Général des Forces Armées ;
Premier
rapporteur : Monsieur Edgard GUIDIBI ; Conseiller Technique Chargé de la
Promotion et de la Gestion du Changement du Président de la République
(CTPGC/PR)
Deuxième
rapporteur : Monsieur Rick GNONLONFOUN, Secrétaire Général du Ministère des
Enseignements Primaire et Secondaire ;
Troisième
Rapporteur : Monsieur Martin ASSOGBA, Président de l’ONG ALCRER, Société civile.
Le bureau ainsi élu a invité la
Commission à procéder à la définition de la méthodologie de travail. Après cela
il a été unanimement retenu de travailler, en réunion, tous les jours de 16
heures à 20 heures au moins.
Compte tenu du délai très bref
imparti à la Commission pour déposer son rapport, les représentants des
différentes administrations, spécialement intéressées par l’organisation du
service militaire national, ont été désignés pour faire des recherches sur les
sept (07) objectifs spécifiques à atteindre par la Commission à travers les
termes de référence dont elle a été saisie. Ces termes de référence s’énoncent
comme suit :
« I- faire une évaluation concise du
service civique, patriotique, idéologique et prémilitaire de la période
révolutionnaire ;
II- proposer au Gouvernement les
conditions juridiques, institutionnelles, organisationnelles et financières,
nécessaires à l’institution dudit service ;
III- déterminer le contenu et la
durée du service civique, patriotique et militaire ;
IV- identifier la population cible
en termes d’âge, de niveau de formation académique et/ou professionnelle, d’état
physique et mental, de l’effectif moyen de jeunes à appeler chaque année ;
V- identifier les administrations
d’accueil des jeunes appelés ;
VI- proposer un calendrier de mise
en œuvre du service civique, patriotique et militaire ;
VII- proposer une stratégie
appropriée de communication sur la pertinence dudit service. »
Chacun de ces points a retenu
l’attention et reçu les conclusions de la Commission.
I - L’ÉVALUATION DU SERVICE
CIVIQUE, PATRIOTIQUE, IDÉOLOGIQUE ET PREMILITAIRE DE LA PÉRIODE REVOLUTIONNAIRE
S’agissant de ce premier objectif,
les Forces Armées Béninoises ont produit à la Commission un document approprié.
Il ressort de cette évaluation que pour pallier la pénurie de cadres enseignants
du secondaire, le Gouvernement révolutionnaire de l’époque a, se fondant sur la
loi 63-05 du 12 juin 1963 sur le recrutement (article 3) et sur l’ordonnance
70-42/CP/DN du 24 juillet 1970 portant organisation générale de la Défense
Nationale (articles 36 et suivants) instauré le service civique, patriotique et
prémilitaire.
Cette formation a eu cours durant la
période de 1975 à 1983 et a concerné treize mille neuf cent
quatre-vingt-dix-sept (13 997) jeunes gens (étudiants, bacheliers et
fonctionnaires) qui avaient reçu des formations militaire, civique, morale et
professionnelle durant 12 mois dont :
deux
(02) mois de formation militaire, civique et pédagogique ;
neuf
(09) mois de mission sur le terrain ;
un
(01) mois de formation militaire complémentaire.
Les conclusions de ce rapport font
état de ce que cette entreprise avait été utile. Ce service civique, patriotique
et prémilitaire, par son originalité et son innovation était un facteur
important de stabilité et de développement du pays.
Ainsi :
1 - Dans le domaine politique
il
a symbolisé la présence de l’État ;
il
a contribué à l’assimilation des valeurs citoyennes essentielles de la
République ;
il
a participé à l’apaisement ou à la réduction des tensions interethniques et
contribué au développement du sentiment d’appartenance nationale.
2- Dans le domaine économique et
social
il
a été un instrument d’insertion tant dans la communauté que dans le monde du
travail ;
il
a assuré une formation adaptée aux besoins locaux ;
il
a contribué à la mise en valeur du pays et permis de rendre pérenne, à moindre
coût, notre système éducatif ;
il
a permis, en son temps, un brassage de toutes les couches et catégories sociales
de notre pays.
3 - Sur le plan moral
il
a préparé moralement l’appelé à une vie active responsable.
4- dans le domaine de la protection
et de la sécurité
il
a préparé les appelés à une participation éventuelle aux plans de secours et
d’aide au service public en cas de catastrophes naturelles ;
il
a également préparé à une participation aux plans de défense des réservistes de
la Nation.
Mais l’entreprise avait aussi révélé
quelques faiblesses à savoir :
le
faible niveau pédagogique des appelés enseignants ;
le
mauvais comportement social de certains appelés sur le terrain.
L’expérience a été interrompue pour
cause de difficultés financières éprouvées par le Trésor Public.
II - LES CONDITIONS JURIDIQUES,
INSTITUTIONNELLES, ORGANISATIONNELLES ET FINANCIERES
La Commission a abordé
successivement l’examen des conditions juridiques et institutionnelles,
organisationnelles, puis financières du projet.
1- Les conditions juridiques et
institutionnelles
La création du service militaire
national trouve, en droit, son fondement dans l’article 32, alinéa 2, de la loi
90-32 du 11 décembre 1990, portant Constitution de la République du Bénin. Cette
disposition constitutionnelle rend obligatoire le service militaire et renvoie à
la loi pour son organisation.
Sur cette base constitutionnelle, la
Commission , tout en tirant leçon de l’évaluation du service patriotique,
civique et prémilitaire de la période révolutionnaire, propose au Gouvernement,
à travers l’avant-projet de loi portant organisation du service militaire
national annexé au présent rapport, une nouvelle approche fondée sur les
projections de levée des contingents.
Cet avant-projet de loi comporte
quinze (15) articles répartis en quatre chapitres. Le chapitre premier porte sur
la définition du service militaire national, son objet, les personnes pouvant y
être assujetties, les droits et obligations des appelés.
Le chapitre II de l’avant-projet
proposé prescrit le recensement des citoyens béninois qui remplissent les
conditions requises pour être appelés à accomplir le service militaire national.
Le chapitre III, définit
l’organisation institutionnelle du service militaire, celui-ci devant, sous
l’autorité du Chef d’État Major Général (CEMG), être dirigé par un officier
général ou supérieur des Forces Armées Béninoises (FAB) ; en outre,
l’inscription de ses crédits doit être faite au budget du Ministère en charge de
la défense nationale.
Enfin, le chapitre IV vise,
notamment, la faveur qui devra être assurée aux appelés en fin de mission quant
à leur éventuelle intégration dans la fonction publique.
2- Les conditions
organisationnelles
Les Forces Armées Béninoises ont
fourni à la Commission des données sur les capacités d’accueil des centres
appropriés au volet formation du projet envisagé. Il en est rendu compte dans le
tableau ci-dessous.
STRUCTURES MILITAIRES ET CIVILES
RETENUES POUR ACCUEILLIR LES APPELES
|
N° |
STRUCTURES |
LIEU |
CAPACITÉ |
DEPARTEMENTS |
|
1 |
École Nationale des
Sous-officiers |
Ouidah |
1.100 |
Atlantique |
|
2 |
Camp militaire de Bembérékè |
Bembérékè |
600 |
Borgou |
|
3 |
Camp militaire de Cana |
Cana |
600 |
Zou |
|
4 |
Lycée Militaire de Jeunes
Filles et Foyer de Jeunes Filles de Natitingou |
Natitingou |
600 |
Atacora |
|
5 |
Foyer de Jeunes Filles de
Lokossa |
Lokossa |
400 |
Mono |
|
6 |
Lycée COULIBALY |
Cotonou |
1.100 |
Littoral |
|
7 |
École Nationale de la
Gendarmerie et l’École Effort et Coopération |
Porto-Novo |
600 |
Ouémé |
|
|
TOTAL |
|
5.000 |
|
On notera que des enceintes civiles
figurent dans cette liste de sites (Foyers de jeunes filles de Natitingou et de
Lokossa, Lycée Technique Coulibaly, Ecole « Effort et coopération »). Les Forces
Armées Béninoises en appellent, à cet égard, au renforcement des capacités
d’accueil des casernes de façon que, à moyen et long termes, toute la phase
formation soit assurée en milieu réellement militaire. Ce souhait, qui ne
concerne pas l’immédiat, a été appuyé d’une évaluation financière jointe en
annexe. Les autres aspects organisationnels sont liés au contenu et à la durée
du service militaire national présentés ci-dessous dans le point III.
3 – Les conditions financières
S’agissant de l’effectif moyen de
jeunes gens à appeler chaque année, la Commission propose, suite aux diverses
projections, évaluations et considération des contraintes matérielles ainsi que
de celles financières actuelles du Trésor public, le nombre de cinq mille
(5.000) appelés pour une expérience pilote. Le coût prévisionnel de cette phase
expérimentale est d’environ sept milliards (7.000.000.000) de Francs CFA.
Le tableau récapitulatif des
dépenses du projet peuvent se présenter comme suit :
|
RUBRIQUE |
COÛT (Francs CFA)
|
OBSERVATIONS |
|
Habillement Couchage
Casernement et Ameublement |
304.350 |
Période |
|
Alimentation (2.000/jour) |
180.000 |
03mois (formation militaire) |
|
Pécule (40.000/mois) |
400.000 |
10 mois |
|
TOTAL |
884.350 |
Période |
Soit pour 5.000 appelés 884.350 x
5.000 = 4.421.750.000 francs CFA
* Coût de l’opération de levée
|
RUBRIQUE |
COÛT |
OBSERVATIONS |
|
Primes de mission |
46.530.000 |
Pour 24 officiers, 24 sous-officiers et 60
militaires du rang et pour toute l’opération |
|
Frais de Fournitures et
imprimés (forfait) |
5.000.000 |
Pour toute l’opération |
|
Carburant ( 115.226 km pour
34.567 l ) |
14.000.000 |
Pour toute l’opération |
|
TOTAL |
65.530.000 |
|
* Dépenses diverses
|
RUBRIQUES |
COÛT |
OBSERVATIONS |
|
Communication sur le service
militaire civique |
50.000.000 |
|
|
Couverture sanitaire des
appelés |
86.180.000 |
Examens, vaccinations, produits et
matériels médicaux |
|
Prise en charge personnel
d’encadrement militaire |
185.000.000 |
Alimentation (2000/homme/jour) et soins de
santé pour 50 officiers, 200 sous-officiers, 500 militaires du rang |
|
Conditionnement du matériel
roulant |
11.000.000 |
Pièces de rechange et lubrifiants |
|
Frais de déplacement des
appelés à leur poste d’affectation (10.000 x 5.000) |
50.000.000 |
|
|
Prime d’installation des
appelés (40.000 x 5.000) |
200.000.000 |
|
|
Conditionnement des sites
d’accueil |
250.000.000 |
Construction de latrines et réparations
diverses |
|
Formation pédagogique des
appelés enseignants) (403.234 x 1 x 4.500) |
1.814.550.000
|
|
La sommation de ces différents
postes de dépenses dégage un total de SEPT MILLIARD TRENTE QUATRE MILLION DIX
MILLE (7.034.010.000) FRANC CFA.
Il convient, par ailleurs, de
souligner que la Direction du Service de l’Intendance des Armées ne dispose pas,
à l’heure actuelle, de l’habillement des appelés, tenues et chaussures
entendues.
Néanmoins l’Intendance peut
confectionner dans un délai de trente jours des tenues pour dix mille hommes et
il pourrait être efficacement envisagé une procédure spéciale d’acquisition
diligente des chaussures réglementaires.
Afin d’assurer la disponibilité de
ces matériels pour la fin du mois d’août, il serait souhaitable que les
commandes soient passées avant le 20 juin 2007.
III- LE CONTENU ET LA DURÉE DU
SERVICE MILITAIRE NATIONAL
L’approche suggérée par la
Commission est la mise en place d’un programme dont le déroulement pourra se
concevoir comme suit :
trois
(03) mois de formation militaire civique et professionnelle dont soixante (60)
jours avant la mission sur le terrain et trente jours après celle-ci ;
neuf
(09) mois de mission sur le terrain ; Ainsi, pourront être retenus pour
l’enseignement primaire et maternel les titulaires du Certificat Élémentaire
d’Aptitude Professionnelle (CEAP) et du Certificat d’Aptitude Professionnelle
(CAP), pour l’enseignement secondaire les titulaires du Certificat d’Aptitude au
Professorat de l’Enseignement Secondaire (CAPES), ainsi que les détenteurs d’une
maîtrise en mathématiques et sciences physiques, en chimie biologie géologie
(CBG), en lettres modernes et en sociologie ; ceux-ci devront être soumis à une
préparation technique initiale suivie d’un encadrement rapproché sur le terrain
par les instances compétentes de l’éducation nationale.
Il convient d’ajouter que les cadres
techniques du Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire ont mené une
réflexion sur la façon de rendre efficace le service militaire national. Ils
suggèrent que les appelés titulaires du baccalauréat de l’enseignement du second
degré, du Diplôme Universitaire d’Études Scientifiques II (DUES II), du Diplôme
Universitaire d’Études Littéraires II (DUEL II), de la licence et de la maîtrise
désireux de faire carrière dans l’enseignement soient pris en charge dans un
programme de formation pédagogique pouvant leur permettre d’obtenir un diplôme
professionnel. Ils en appellent aussi à la mise en place d’un programme
d’éducation civique et morale conforme à celui en cours dans les établissements
scolaires.
Par ailleurs, une possibilité pourra
être offerte aux volontaires, à la demande de ceux parmi eux qui seraient
intéressés et dans la mesure des besoins et moyens de l’État, de reprendre une
seule fois la mission sur le terrain après la première année.
IV- L’IDENTIFICATION DES PROFILS
DES APPELES
La Commission propose que soient
retenus les jeunes gens des deux sexes, âgés de dix huit (18) à trente cinq (35)
ans, et dont le niveau de formation est le baccalauréat de l’enseignement du
second degré, ou tous autres diplômes équivalents, supérieurs ou de formation
professionnelle.
En outre, au niveau des
enseignements primaire et secondaire, la condition spécifique est que l’appelé
soit exempt de bégaiement, de surdité, d’infirmité et jouisse d’une acuité
visuelle au moins égale à 6/10 sans correction.
Dans le secteur de la santé, seront
retenus les médecins diplômés d’État, les administrateurs d’hôpitaux, les
techniciens de laboratoires, les infirmiers diplômés d’État, les Sages- femmes
d’État et les Infirmiers adjoints.
D’un autre côté, on s’assurera de
l’état physique et mental des appelés par des visites médicales administrées par
les services compétents des Forces Armées Béninoises.
Nous devons ajouter que, s’agissant
de la formation exclusivement civique et patriotique, l’idée d’organiser des
sessions de courtes durées, pour certains appelés, a été également évoquée.
V- L’IDENTIFICATION DES
ADMINISTRATIONS D’ACCUEIL DES JEUNES APPELES
Pour cette rubrique, la Commission
propose :
en
ce qui concerne les enseignements primaire et secondaire, les écoles
maternelles, les écoles primaires, les lycées et collèges et l’administration
centrale de l’éducation nationale.
en
ce qui concerne le secteur de la santé, les dispensaires, les centres de santé,
les maternités et les hôpitaux.
Les secteurs ainsi visés ne sont pas
limitatifs. Le service pourrait être étendu à ceux de l’agriculture, de
l’enseignement supérieur et de la recherche, du maintien de l’ordre, du
secourisme etc.
Précisons que les besoins en
personnels exprimés par le Ministère des Enseignements primaire et secondaire se
présentent comme suit :
enseignants
des cycles maternel et primaire.... .....................3.537
enseignants
du cycle secondaire ............................................6.504
Ces besoins ne prennent pas en
compte les onze mille deux cent vingt neuf (11.229) enseignants communautaires
qui sont déjà sur le terrain et qui ont besoin de formation pédagogique
qualifiante. Ils ne prennent pas non plus en compte les départs à la retraite et
les nouvelles créations.
Les besoins en personnels du
Ministère de la Santé , établis, au 31 août 2006, se chiffrent à 369 agents
dont, notamment, 51 médecins diplômés d’État, 44 sages femmes d’État, 42
infirmiers diplômés d’État, 31 infirmiers brevetés.
VI- LE CALENDRIER DE MISE EN ŒUVRE
DU PROJET
Ce calendrier devra tenir compte de
la durée du service évoquée ci-dessus, à savoir trois (03) mois de formation
militaire, civique et technique et neuf (09) mois de mission sur le terrain. Il
pourrait se décliner comme suit :
du
02 août au 02 octobre : formation militaire, civique et technique ;
du
03 octobre au 02 juillet : mission sur le terrain ;
du
03 juillet au 02 août (après le défilé du 1er août) : formation militaire et
civique finale.
Il importe de souligner que le
respect de ce calendrier est très important, du fait que les installations
d’accueil des appelés, pour les sessions de formation, doivent être disponibles
d’octobre à juillet pour les autres activités scolaires ou militaires.
VII- PROPOSITION STRATÉGIE
APPROPRIEE DE COMMUNICATION SUR LA PERTINENCE DU PROJET
Pour le plan de communication sur la
pertinence du service patriotique et militaire, la Commission a retenu une
démarche qui consistera à :
communiquer
avant le lancement de l’opération,
communiquer
au démarrage des recrutements,
communiquer
pendant et à la fin du service.
1- La stratégie de communication
avant le lancement de l’opération La Commission a, au cours de ses travaux, reçu
des informations sur diverses réflexions développées par certains de nos
compatriotes. Celles-ci font état de ce que le service militaire national
envisagé :
servirait
à la mise en place d’une milice à la solde du Président de la République ;
contribuerait
à la baisse du niveau scolaire et serait une manière de contourner les
syndicats ;
serait,
comme du temps du service civique, patriotique et prémilitaire de la période
révolutionnaire, un facteur de dépravation des mœurs ;
pourrait
occasionner la montée de la criminalité. Compte tenu de ces informations, la
Commission propose qu’une action appropriée de communication soit engagée pour
améliorer la compréhension du projet au sein de l’opinion publique.
Il s’agit, dès à présent de :
publier,
sur autorisation préalable du Chef de l’État, les résultats de la Commission ,
médiatiser
le processus législatif,
faire
des focus-group pour tenir compte de l’avis des citoyens
faire
des conférences sur la motivation des appelés et les conditions de mise en œuvre
du processus, attirer l’attention sur les risques ;
exposer
ce qui est attendu des différentes parties impliquées (Armée, appelés, parents,
administration d’accueil, formateur, société civile, partis politiques, les
villes d’accueil etc.) ;
expliquer
les expériences positives d’autres pays et ainsi que celle du service civique,
patriotique et prémilitaire de la période révolutionnaire qu’a connue notre
pays.
présenter
ce qui est retenu comme modalités pratiques (cible, âge, durée etc…).
2- Communiquer pendant le
déroulement du service civique, patriotique et militaire
L’objet est de :
rappeler
les devoirs qui incombent aux appelés, aux parents, aux villes ou sites
d’accueil, à l’Armée, aux autorités locales, aux encadreurs et moniteurs ;
informer
sur les ressources mobilisées ;
faire
des reportages sur le déroulement de la mission, les bonnes expériences, le
sentiment des uns et des autres, les différentes étapes. Les médias et actions à
engager ici sont :
* radio (sondage, débat,
micro-trottoir et missions interactives) ;
* TV (reportage) ;
* presse écrite (reportage,
micro-trottoir)
* publicité et mailing ;
* banderoles urbains et dans les
sites d’accueil ;
* circuits administratifs impliqués.
3 – Communiquer à la fin du service
Il s’agit :
* d’en démontrer les bienfaits ;
* de rassurer sur les comptes ;
* d’en médiatiser les différentes
étapes ;
* de montrer le visage humain et le
privilège des appelés.
VIII - SYNTHÈSE ET RECOMMANDATION
Les recommandations de la Commission
suivent la synthèse des travaux.
1 – Synthèse
Les travaux ont permis à la
Commission , dans un esprit d’ouverture et de franche collaboration marquée par
une riche participation des commissaires, d’aborder les sept points des termes
de référence de sa saisine. Il est résulté de l’examen des textes et des
échanges que la mise en place du service militaire national est
constitutionnellement fondée. Mais la prise d’une loi spécifique est nécessaire
pour assurer son organisation, le différencier du service militaire ordinaire et
définir les droits et obligations des appelés. Les moyens du démarrage diligent
du programme ont été également examinés. Sur cette base la Commission formule
plusieurs recommandations.
2 – Recommandations
Il y a, d’une part, les
recommandations principales et, d’autre part, des autres recommandations.
2.1 – Recommandations principales
Au terme de ses travaux, la
Commission indépendante chargée d’étudier les modalités de mise en œuvre du
service militaire national recommande :
1° - la prise, à la diligence du
Gouvernement, d’une loi portant organisation du service militaire national
(SMN), en formalisant et en faisant adopter, par procédure d’urgence,
l’avant-projet de loi joint au présent rapport.
2° - la prise des règlements
d’application (décrets et arrêtés) de cette loi dès son adoption.
3° – la prise en compte de
l’incidence financière de l’opération dont le coût prévisionnel de la phase
pilote s’élève à environ SEPT MILLIARD TRENTE QUATRE MILLION DIX MILLE
(7.034.010.000) FRANC CFA.
4° - la mise en place d’un programme
dont le déroulement pourra se concevoir comme suit :
trois
(03) mois de formation militaire civique et professionnelle dont soixante (60)
jours avant la mission sur le terrain et trente (30) jours après celle-ci ;
- neuf (09) mois de mission sur le
terrain.
5° - la mobilisation des jeunes gens
des deux sexes, âgés de 18 à 35 ans, et dont le niveau de formation est le
baccalauréat de l’enseignement du second degré, ou tout autre diplôme
équivalent, supérieur ou de formation professionnelle, la sélection des
intéressés devant répondre aux critères de recrutement indiqués par les
administrations utilisatrices.
6° - le recours à un nombre de cinq
mille (5. 000) appelés pour une expérience pilote.
7° - l’affectation des appelés
prioritairement dans les enseignements primaire et secondaire, les
établissements publics de santé, sans que soient pour autant exclus d’autres
secteurs tels que l’agriculture, l’enseignement supérieur, la recherche, le
maintien de l’ordre, le secourisme etc .
8° - le démarrage et le déroulement
du programme conformément au calendrier suivant :
du 02 août au 02 octobre : formation
militaire, civique et technique ;
du 03 octobre au 02 juillet :
mission sur le terrain ;
du 03 juillet au 02 août, après le
défilé du 1er août : formation militaire et civique.
9° - l’exécution d’un plan de
communication portant sur la pertinence du service militaire, civique et
patriotique avant son lancement, au démarrage des recrutements, pendant et après
le déroulement même du service.
2.2 – Autres recommandations
La Commission recommande, en outre :
1° - la création d’un Comité
Technique de pilotage du service militaire national ;
2° - la création d’une direction du
service ;
3° - le renforcement, à moyen et
long termes, des capacités d’accueil des casernes des Forces Armées Béninoises
de façon que puisse être assurée, exclusivement dans ces enceintes, la formation
des appelés.
4° - l’organisation de l’implication
des autorités administratives et traditionnelles locales dans l’accueil sur le
terrain, l’encadrement, l’assistance et le suivi des appelés.
5° - la mise en place d’un programme
spécial de formation diplômante pour les enseignants communautaires qui sont
déjà sur le terrain.
6° - le payement du dixième mois de
pécule aux appelés à la fin de leur dernier séjour d’un mois en caserne, pour
éviter qu’il déserte ce passage terminal de formation militaire et civique, du
fait que, normalement le temps passé au camp ne donne pas lieu à pécule.
7° - la facilitation de l’insertion
des appelés dans la vie active, après leur service, avec l’appui de l’Agence
Nationale pour l’Emploi (ANPE) et d’autres structures compétentes, une
préparation à l’insertion et à la reconversion pouvant être organisée à leur
intention au cours du dernier mois de formation.
8° - l’étude de la possibilité
d’ouvrir une formation exclusivement civique et patriotique de courtes durées
pour certains citoyens qui n’auraient pas à accomplir une mission sur le
terrain.
9° - le Service Militaire National
ne devrait pas être substitué au recrutement régulier de fonctionnaires prévu
annuellement dans les différents secteurs où interviendront les appelés.
Fait à Cotonou le 04 juin 2007
Pour la Commission ,
Le Président, Pr. Dorothée Cossi
SOSSA
Le Premier rapporteur, Monsieur
Edgard GUIDIBI
Pièces jointes :
Un
avant-projet de loi portant organisation du service militaire national.
Une
évaluation du service civique et patriotique.
Étude
financière relative à la reprise du Service National par le Directeur du Service
de l’Intendance des Armées.
Propositions
du Ministère des enseignements primaire et secondaire dans le cadre de
l’institution du service civique.
Points
des ressources financières pour la formation pédagogique des enseignants lors du
service patriotique, civique et militaire.
Point
des besoins en personnel par département au 31 août 2006 produit par le
Ministère de la Santé.
Devis
estimatif portant sur opération militaire et civique du Directeur du Service de
Santé des Armées.
Devis
de conditionnement du matériel roulant dans cadre du service militaire.
Devis
quantitatif et estimatif relatif aux travaux de renforcement de la capacité
d’hébergement du Centre d’entraînement aux opérations de maintien de la paix de
Bembérékè.
Devis
quantitatif et estimatif relatif aux travaux de renforcement de la capacité
d’hébergement de l’École Nationale des Sous-officiers de Ouidah.
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