La Liste électorale permanente informatisée (Lépi) n’est pas encore sortie de l’auberge. Après les blocages enregistrés au sein de la Cps/Lépi du fait des divergences politiques, c’est au tour de la Mission indépendante de recensement national approfondi (Mirena) de se retrouver dans l’impasse.
Après les débats et les petits calculs politiciens qui ont plombé le bon fonctionnement de la Commission politique de supervision de la Lépi (Cps/Lépi), le processus de réalisation de la Lépi se trouve à nouveau compromis du fait du danger qui plane sur le Miréna. Cela fait plus de huit mois que les 15 membres de la Cps/Lépi tardent à donner un visage et un nom au spécialiste des questions électorales au sein du Miréna. Pourtant, cette désignation devrait aller vite car contrairement à la Cps/Lépi qui est une institution politique et une représentation en miniature du système partisan béninois, la Miréna est un organe technique et apolitique. Mieux, les critères de choix du 9ème membre de la Miréna qui plus est,doit être un spécialiste des questions électorales, sont clairement définis et ne devaient, a priori, poser aucun problème. Ainsi, au nombre de ces critères, on peut citer la présentation du CV, le profil (formation de base), les expériences accumulées dans le domaine de l’organisation des élections et l’excellence au poste notés respectivement sur 30 points, 25 points, 25 points et 10 points. Le dernier critère noté sur 25 points est justement celui qui pose problème. Il s’agit de l’appréciation du jury qui n’est autre que la Cps/Lépi avec ses 15 membres. Après plusieurs rendez-vous avortés, dont le tout dernier date seulement du 03 février passé, le bout de tunnel est loin de poindre. Là où le bât blesse est que malgré l’entretien avec les huit candidats lors de cette dernière rencontre qui devrait déboucher sur l’appréciation du jury, les membres de la Cps/Lépi ne semblent pas pressés de donner le verdict qui repose pourtant sur des bases techniques et objectives. De même, les recommandations de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), qui a d’ailleurs apporté un soutien franc au processus d’élaboration de la Lépi en cours, pour la désignation dans les meilleurs délais du spécialiste des questions électorales de la Miréna n’ont pas été suivies d’effet au niveau de la Cps/Lépi. On en vient donc à conclure que le clivage mouvance-opposition a fini par déteindre sur le bon fonctionnement de la Miréna. Mieux, à la dernière rencontre, le camp du règlement définitif de cette question représenté par Bernard Lani Davo, Hélène Aholou Kêkê, Zakary Baba Body, Karim Chabi Sika, Domitien N’ouemou, Arifari Bako et autres René Tchigbénou, s’est vu bloqué dans son élan de doter la Miréna de son 9ème et dernier membre par l’aile composée de Basile Ahossi, Timothée Gbédiga, Gabriel Tchocodo, Epiphane Quenum, André Dassoundo. Ce n’est donc pas demain la veille de la fin des obstacles qui se dressent sur le chemin de la Lépi.