Accusée Réckya Madougou, levez-vous! (Par Roger Gbégnonvi) | Accusée Réckya Madougou, levez-vous! (Par Roger Gbégnonvi) |
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| Écrit par Sonangnon du 24/02/2009 | |||||
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Malgré les apparences, Madame, vous êtes noire de défauts. La meilleure preuve en est que moi-même, votre grand-frère bien-aimé (du moins je l’espère), j’en ai contre vous dans cette affaire de livre, affaire par laquelle vous avez curieusement réussi à faire aux Béninois un destin de banane flambée. Je croyais sincèrement nos compatriotes capables seulement de juger un livre sur le prix qu’il coûte et de s’en détourner dédaigneusement en soupirant stoïquement : ‘‘J’ai des enfants à nourrir.’’ Or les voilà qui s’enflamment au contact de votre livre ! Comment avez-vous fait ? Dieu soit loué en tout cas, même s’il y a ambiguïté quelque part en la matière. Car, moi qui suis rongé de questionnements, je commence à me demander qui, de vous deux, allume vraiment les Béninois : est-ce le livre ou est-ce vous ? Le reproche que je vous adresse personnellement se situe à deux niveaux, dont aucun ne comprend ladite ambiguïté. Premier niveau de mon reproche :- Je n’ai pas aimé que vous soyez allée faire le tout premier lancement du livre à Paris. Non pas que je n’aime pas Paris, bien au contraire ! Et pour moi, Ernest Hemingway aura toujours raison : ‘‘Paris est une fête’’. Comment ne pas l’aimer, dès lors ? De là à lui réserver la primeur de votre livre ! Je suis tombé des nues et les bras m’en sont tombés. C’est ici que tout s’est passé. C’est ici, et non là-bas, le socle, le terreau, le climat et l’atmosphère de votre livre. Et non pas nonobstant, mais à cause précisément de la poussière de Cotonou, nous demeurons éminemment dignes de la primeur de votre livre, Madame ! Le deuxième niveau de mon reproche :- Je n’ai pas aimé le genre de publicité autour de la parution de votre livre. Je dis bien le genre et non pas la publicité en soi. Je vais être précis : je n’ai pas aimé votre pose sur les pages et les panneaux publicitaire : vous y avez trop l’air d’une midinette. Or vous n’êtes pas une midinette. Vous êtes pour toujours Contre mon reproche à deux niveaux, vous avez, je le sais, une circonstance atténuante en béton. Et quand l’atténuation est en béton, il faudrait de l’acier trempé pour la détruire. Oui, vous me dites que le rase-motte, que la discrétion en ces affaires n’est pas vraiment votre genre. Et je vous entends bien. Et j’ajoute que si vous aviez été discrète en nos récentes années de doute et de grande angoisse politique, notre constitution eût été malencontreusement révisée. Et Où en serions-nous aujourd’hui ? Jeanne d’Arc au front n’était pas discrète non plus, elle était combattante. J’avoue que votre défense m’en impose. J’en oublie mon reproche. J’oublie l’Hôtel SOFITEL et j’oublie la pose sur les pages et les panneaux publicitaires. Car il y a infiniment plus préoccupant. Et c’est ici le lieu de dire, sans avoir l’air de vous offenser, que votre livre, vu de l’intérieur, est celui d’un enfant de chœur par rapport à la célèbre trilogie de notre compatriote Janvier Yahouédéou, dont le premier tome m’avait fait trembler pour lui, que je ne connaissais pas encore. Pour l’histoire et pour mes enfants, j’ai conservé jalousement cette trilogie au vitriol. Si l’on n’est pas content de ce que Janvier Yahouédéou a dit, entre 1990 et 19996, dans l’un quelconque de ses trois ouvrages, la possibilité existe toujours de lui intenter un procès en diffamation dès qu’il aura perdu son actuelle immunité parlementaire. Les ministres et les membres de la société civile ne bénéficient pas de cette belle couverture. Qu’attendent donc vos accusateurs pour aller en procès ? Prions Dieu d’éloigner de nous mauvaise foi et misogynie, et de moi personnellement toute intention de procès d’intention. Avec votre permission, Madame, je reviens à mon ambiguïté initiale pour l’oublier, elle aussi. Je l’efface. Il n’y a pas ambiguïté. Il y a lumière. Il y a clarté solaire. Ce n’est pas votre livre qui allume les Béninois, c’est vous qui les allumez et ce, au sens normalement trivial du terme. Vous êtes jeune, belle, intelligente, Ministre de Ce que nous voulons aussi, et qui n’est pas moins important, c’est atteindre le Gouvernement à travers votre personne et le discréditer en amenant le Chef e l’Etat à n’avoir d’autre choix que celui de vous chasser de son équipe actuelle. Et alors nous serons les premiers et les plus heureux à jaser et à cancaner, à dégoiser et à ricaner sur le mode et le refrain selon les quels non seulement il ne sait pas ce qu’il veut, mais il est certainement un dictateur puisqu’il renvoie ses ministres qui parlent ou qui écrivent. Nous voulons amener le Chef de l’Etat à commettre la faute pour en rigoler ensuite, pour lui reprocher très sévèrement d’installer au Bénin Le Chef de l’Etat fera ce qu’il veut. Mais j’espère, de tout mon pouvoir d’espérance, que, loin de faire ‘‘ça’’, il joindra sa voix à la mienne pour que nous deux empruntions à Me Marie Elise Gbédo la sienne pour vous dire : ‘‘Sois belle et bats-toi !’’ Au début de cette audience, comme le veut le règlement, je vous ai demandé respectueusement de vous lever. Je déroge maintenant au règlement pour vous demander respectueusement de ne pas vous rasseoir, pour la simple raison que vos combats et nos combats, comme tous les combats, se mènent et se mèneront debout. Je vous remercie.
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