Ma Contribution
29 Mois de changement au Bénin : Appréciation de Didier APLOGAN, Conseiller Technique du Président | 29 Mois de changement au Bénin : Appréciation de Didier APLOGAN, Conseiller Technique du Président |
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| Écrit par Sonangnon du 09/2008 | |||||
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Votre site sonangnon a reçu pour vous Monsieur Didier APLOGAN, Spécialiste en Communication, Conseiller Technique à la communication du Président de la République. Avec lui, nous avons parlé des médias, fait le tour de la situation sociopolitique de notre pays et fait l’analyse des activités du gouvernement du Président Boni YAYI après un peu plus de deux ans de mandat.… Sonangnon : bonjour M. Aplogan. Présentez-vous aux internautes s’il vous plait
Sonangnon : qu’est ce que c’est que la cellule de communication du président ? M. Aplogan : c’est la structure responsable de la communication de la Présidence de la République et de l’image du Président de la République. Sonangnon : Qui parle de communication peut aussi parler de la presse. A votre avis quel est l’état actuel de la presse béninoise M. Aplogan : c’est prétentieux de vouloir parler de l’état de la presse. Je ne sais pas si je suis suffisamment outillé pour en parler. Il s’agit d’un ensemble immense qui regroupe des outils et des compétences de différents horizons avec un savoir faire très inégal. Quel est son état ? Difficile à dire sans une étude approfondie. Mais je peux dire qu’aujourd’hui elle est abondante, elle n’est pas toujours professionnelle mais contribue grandement à faire l’opinion. On ne peut pas compter sans la presse. Sonangnon : Que pensez-vous de la liberté de la presse à l’ère du changement ? M. Aplogan : pourquoi spécialement à l’ère du changement ? Sonangnon : M. le conseiller technique ne serait pas sans savoir qu’il y a beaucoup de remous au sein même des organes de presse faisant état d’une menace sur la liberté de cette presse ? M. Aplogan : Des journalistes vous ont dit qu’ils n’étaient pas libres ? Sonangnon : On constate une tendance du pouvoir à monopoliser la presse. M. Aplogan : Non, je ne vois pas du tout les choses ainsi. Je vois une presse libre et diversifiée. Je vois une presse qui s’exprime de différentes façons. Non, je ne participe pas de cette idée qui pense qu’une presse libre doit être une presse qui tire sans arrêt dans le même sens et sur la même personne. La liberté de presse doit appeler le professionnalisme. Cette profession mérite respect. Elle peut façonner l’opinion, faire ou détruire l’individu. Elle peut porter ou faire échouer des projets d’importance. Nous n’avons pas intérêt à monopoliser la presse. La pluralité des opinions permet de progresser et limite les excès. Nous ne sommes pas au-delà des erreurs. Les gouvernants sont des humains. C’est seulement celui qui ne fait rien qui ne commet pas de faute. C’est normal que les partisans soient toujours portés à ne voir que le bon côté des choses, mais il faut admettre que la presse non partisane est parfois portée à ne voir que le mauvais côté des choses. Il faut donc de tout pour faire un monde. Sonangnon : La divergence des idées est le fondement même de la démocratie. Prenant exemple sur l’organe de presse national par excellence, nous suivons plus le pouvoir que les autres acteurs de la vie nationale. M. Aplogan : il y a plusieurs organes de presse nationaux. Je pense que vous voulez parler des organes audiovisuels. Si vous voulez parler de la chaîne de télévision nationale, je n’ai pas une parfaite maîtrise de leur programme. Si vous voulez le savoir, ce programme n’est pas dicté de la Présidence de la République. Vous avez l’impression que la communication gouvernementale prend beaucoup d’espace. C’est peut être normal. Le Président Boni YAYI avait pris l’engagement de rendre régulièrement compte de son action et les béninois l’ont élu en connaissance de cause. S’il ne l’avait pas fait, vous auriez parlé d’opacité de gestion. Les responsables de cet organe vous apporteront des réponses plus appropriées. En face il y a quand même d’autres organes de presse qui eux ne sont pas publics… Sonangnon : Ces organes de presse qui peuvent dire ce qui va mal ne sont tout de même pas nombreux. M. Aplogan : Qui les a empêche de s’exprimer ? Sonangnon : beaucoup pensent que la grande majorité est « achetée ». M. Aplogan : Ah ! C’est un gros mot que vous dites là. Qui les a achetés ? Là aussi, je pense qu’il faut bien faire la part entre l’information qui est libre et la communication qui elle a un coût. Nous nous n’accusons personne d’avoir été acheté même si nous essuyons beaucoup de critiques mal fondées. Un journaliste a le droit d’avoir son opinion et de l’exprimer. Quand il l’exprime et que c’est favorable au pouvoir on pense qu’il est acheté et quand c’est défavorable, il n’est pas acheté, il est brave. Les choses ont toujours été ainsi et malgré tout, le Bénin peut se féliciter de cela. Sonangnon : Dans tout autre registre en tant que citoyen béninois quelle analyse faites-vous du climat politique qui règne à l’assemblée nationale depuis un moment avec à la clé la destitution du Président Nago sur le tapis ? M. Aplogan : C’est une question fort difficile que vous me posez là. Vous savez que le Président Nago et moi sommes dans le même camp. Je m’en voudrais de me mêler de cette question. Je m’occupe de la communication du Président de la République et non de celle du Président de l’Assemblée. Sonangnon : Certaines personnes trouvent que le président Nago agit en « valet » du Président de la République M. Aplogan : J’ai dit que je ne me prononcerai pas sur la question. Sonangnon : A votre avis depuis l’arrivée du Président Yayi qu’est ce qui a changé au Bénin ? M. Aplogan : beaucoup de choses. C’est visible que ça a changé à plusieurs niveaux. C’est visible qu’au plan des infrastructures beaucoup de choses ont déjà changé. C’est notoire que l’enseignement maternel et primaire est gratuit, c’est évident que les micro crédits sont octroyés aux femmes. Les chantiers annoncés sont en cours. Le Bénin change. Mais pas si loin que cela, il ne faut pas oublier. Quand le Président Boni YAYI a accédé au pouvoir, il n’y avait pas d’essence à la pompe, il y avait très peu de sous, je dirai trop peu de sous dans les caisses de l’Etat. Sonangnon : que répondez-vous lorsque certains parlent d’improvisation de la part du pouvoir dans ses actions? M. Aplogan : Qui parle d’improvisation ? Sonangnon : mais plusieurs décisions sont prises à la va-vite comme par exemple et dans un passé récent la gratuité de l’école où les mesures adéquates pour accompagner cette noble décision n’ont du tout pas été prises et c’est bien après la rentrée scolaire qu’on décide d’une gratuité où beaucoup de parents ont déjà payé la scolarité pour leurs enfants. M. Aplogan : Vous avez parlé de noble décision et c’est ce qui compte. Grâce à cette décision, certains enfants qui n’auraient jamais pu aller à l’école avant de devenir adultes ont connu la joie de l’instruction. Cette décision n’était pas improvisée. Elle a certainement surpris. Peut-on satisfaire tout le monde à la fois ? C’était le bon moment pour des raisons de gouvernance qui allient les nécessités nationales à certaines opportunités internationales. Il n’y avait certainement pas encore assez de classes ni d’enseignants pour prendre en charge tout le monde. Quand serions-nous prêts alors. Combien de générations aurions nous sacrifiées avant d’aboutir un jour aux conditions idéales pour décréter la gratuité de l’école. Cette décision a créé et continue d’engendrer des désagréments aux enseignants, aux parents et à tous les partenaires de l’école, mais ne pas la prendre aurait été irresponsable. Je ne parlerai donc pas d’improvisation mais d’une décision qui a surpris ; ce sont deux choses différentes. Sonangnon : est-ce réellement là le problème ? On ne peut décréter la gratuité de l’école sans avoir au préalable les infrastructures et les moyens nécessaires pour accueillir ces enfants et ce n’est pas après une rentrée scolaire qu’on le fera. Il y a eu d’autres cas d’improvisation. M. Aplogan : S’il y a eu d’autres cas où l’opinion pense que nous avons improvisé, c’est possible mais il faudra qu’on en parle au cas par cas. Parfois l’improvisation peut être juste l’image de surprise que nous projetons. Pour l’école, je vais répéter que les moyens suivront ou suivent déjà, vous l’avez remarqué. Il est indispensable que tous les enfants aillent à l’école. L’émergence passera aussi par des ressources humaines de qualité. Sonangnon : le Bénin a quand même été un des rares pays où la cherté de la vie n’a pas fait de soulèvement. Quel est le secret du pouvoir ? M. Aplogan : C’est vrai que le gouvernement a anticipé dans une certaine mesure cette situation et pris des précautions pour constituer des réserves de produits vivriers courants. Le Président de la République en a fait très tôt une préoccupation primordiale en amenant son gouvernement à jouer directement sur les marchés. Le mérite est aussi et surtout pour l’ensemble des béninois. Mais il est trop tôt pour se féliciter. Nous ne sommes pas encore sortis de la zone de turbulence. Sonangnon : Votre ambition pour votre pays M. Aplogan : Notre pays a besoin de tranquillité et de sérénité pour assurer son développement. Les bonnes choses n’aiment pas le bruit et le bruit ne favorise guère les bonnes choses. Mettons-nous au travail résolument et d’arrache-pied. Quand celui qui tient le gouvernail dit « je vais faire … », laissons le faire et aidons-le à faire. Ne le ralentissons pas ! Ne l’empêchons pas d’avancer ! Notre peuple comme les autres, a droit au bonheur.
Entretien exclusif réalisé pour SONANGNON.NET par Berlos Segeste SASSE
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