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INTERVIEW |
Invité sur Rfi : Le Président Yayi Boni parle de la révision de la Constitution et de l’affaire Sonacop

En visite en France en fin de semaine dernière, le chef de l’Etat béninois Yayi Boni a été l’invité de l’émission « Invité Afrique » sur Radio France internationale (Rfi). Le président de la République s’est prononcé sur son élection et la gestion de l’Etat depuis son investiture. Entre autres déclarations, le Dr Yayi Boni a expliqué qu’il ne souhaite pas créer un parti politique pour régler les grands débats au parlement. Nous publions ici in extenso l’interview du chef de l’Etat accordée à M.Bouabouviers.
Rfi : Monsieur le président bonjour. Il y a 6 mois, vous étiez encore un « ovni » dans la politique béninoise. Qu’est ce qui vous a fait gagner face à des poids lourds comme Adrien Houngbédji ou Bruno Amoussou ?
Yayi Boni :
La volonté de changement affichée par le peuple béninois. Parce que pour le peuple, il fallait engager ce qu’on appelle au Bénin « la révolution économique », la modernisation du pays, la nécessité de faire en sorte que la démocratie qui a été lancée en 1990 puisse rimer avec le développement et qu’on en finisse avec la pauvreté à laquelle le peuple est confronté. Je crois que cela a été déterminant.
Je crois, après plus d’un mois et quelques jours de pratique à la tête de l’Etat que je suis arrivé à la conclusion impérative qu’il faut restaurer l’autorité de l’Etat. Vous venez d’évoquer un cas, mais j’ai du mal à en parler puisque c’est un dossier qui est maintenant en justice. Nous avons décidé de poursuivre l’assainissement de la vie économique de notre pays, nous avons lancé des audits, non pas nécessairement pour nous livrer à la chasse aux sorcières. Mais de manière à faire en sorte que tous les secteurs puissent virer dans la bonne gouvernance. Si naturellement il y a des cas fragrants de mal gouvernance, notre pays est un pays de droit et la justice va certainement faire son travail.
Je puis vous dire que des contacts et des consultations que j’ai eus avec l’Assemblée nationale et avec les honorables députés que je respecte infiniment, je crois qu’ils m’ont donné l’assurance que ce n’est pas orienté contre moi. D’ailleurs par la voix du président de l’Assemblée nationale ils ont estimé qu’il n’y a pas d’opposition à ce phénomène de changement qui s’est déclenché maintenant dans notre pays. Mais que leur volonté, c’est de faire en sorte que l’Etat béninois puisse faire des économies du fait que ces élections pèsent sur les finances publiques. Je crois, nous en sommes là, nous allons pouvoir aboutir à une solution qui soit profitable à notre Nation et à notre peuple.
Le peuple a opté pour un changement, c’est-à-dire la nécessité d’aller vers les valeurs qui vont conduire la Nation vers une situation de création de richesses et de partage. Si nous arrivons à une situation de richesses et de partage, si nous arrivons à une situation où pratiquement les forces politiques acceptent d’adhérer à cette orientation, est-ce que cela va les inciter à nous singulariser par la mise en place d’un parti politique ? Le temps nous le dira.
Je ne pense pas, M. Bouabouvier. Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est cette option qui a été prise pas mon peuple : la démocratie qui rime avec la prospérité. La démocratie qui ne rime plus avec l’indiscipline, avec la corruption, qui ne rime plus avec l’impunité et je suis tenu à cela. Du coup il s’y a entente sur la nécessité de ce changement, il n’y aura plus de problème. Mais ce changement doit être un changement par l’exemple, c’est-à-dire par moi-même. Je demeure persuadé que mon peuple est vertueux. Lorsque je me comporterai bien à la tête de l’Etat, il en ferait autant, c’est cette garantie que j’aie.
Je crois que la réconciliation est possible. Je voudrais demander à la Communauté internationale d’aider ce pays, d’aider le président Faure Yassingbé qui est animé d’une bonne volonté. J’en ai discuté avec le président Jacques Chirac qui m’a donné cette garantie, et où que je passe, je me ferai ce devoir d’appeler la Communauté internationale d’aider les Togolais à accepter et à faire en sorte qu’on mette un terme à la souffrance de ce peuple frère. Et je crois que nous sommes partie prenante pour des raisons évidentes puisque avec notre peuple, nous sommes liés par des liens séculaires fait de sang, d’histoire, de culture, de tradition. Pour nous autres, on ne peut pas parler de développement dans la sous région si on ne règle pas la situation au Togo.
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