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MESSAGE A LA NATION
DU DOCTEUR BONI YAYI, A L’OCCASION DE LA FETE DE L’INDEPENDANCE DU 1ER AOUT 2007
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| 31 Juillet 2007 |
Nouvelle page 2
Cotonou, le 31 juillet 2007
Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
En ce jour solennel, je voudrais
rendre grâce à Dieu pour les bénédictions dont il comble notre pays et pour le
chemin d’espérance qu’il nous permet d’emprunter avec la dynamique du
changement, porteur de mieux-être pour chacune, pour chacun et pour tous.
Béninoises, Béninois,
J’ai déjà eu l’opportunité de
partager avec vous la vision que j’ai pour notre cher pays, à savoir : « une
société où hommes, femmes et enfants vivent heureux et en paix, dans une nation
véritablement démocratique, unie et solidaire, partenaire visible et reconnu
dans l’œuvre de progrès des nations du monde ». Cette ambition est réalisable et
nous en avons les moyens et vous le savez bien.
Vous avez en effet pris avec moi
l’engagement ferme de relever le défi de la démocratie et du développement et de
faire ainsi du Bénin un pays démocratique et émergent dans la sous région ouest
africaine, un pays de prospérité partagée. Tout en consolidant la démocratie
chèrement acquise, l’Etat de droit et les relations institutionnelles, nous
sommes tous appelés à construire ensemble une économie prospère, en vue de
promouvoir le couple démocratie - prospérité.
Mes chers compatriotes,
La fête de l’indépendance nous donne
chaque année l’occasion de consolider nos liens profonds de solidarité et de
fraternité, de rappeler à la face du monde notre volonté commune de vivre
ensemble et de célébrer l’unité nationale. Aussi ai-je décidé que la
commémoration du 47è anniversaire de l’accession de notre pays le Bénin à la
souveraineté nationale se déroule cette année à Abomey, ville chargée
d’histoire, de culture et de symbole. Cette commémoration s’inscrit dans le
prolongement du récent centenaire de la mort du Roi Béhanzin. C’est donc de
cette ville à nous tous que nous avons choisi d’implorer la Providence pour
continuer de bénir notre Nation.mmtes, la jeune démocratie béninoise
s’est
Au plan du développement, il me
plait de vous dire en cette veille de notre fête nationale du 1er août 2007, que
tous ensemble, nous devrions renouveler notre engagement à relever le défi du
développement culturel, économique et social de notre cher pays.
Nous avons fait un pas significatif
en redressant la situation budgétaire de notre pays, à travers l’assainissement
des finances publiques, le redressement des grands équilibres macro économiques
et une mobilisation plus accrue des ressources internes. Cet assainissement doit
absolument se poursuivre pour répondre à vos attentes. En effet, mes visites
régulières sur le terrain et le contact de proximité avec les réalités
quotidiennes de toutes les régions de notre pays m’ont permis de prendre la
juste mesure de l’ampleur de ces attentes.
Les actions résolues initiées dans
le cadre de l’assainissement des finances publiques ont permis à mon
Gouvernement de mettre en chantier, un ensemble de projets et de programmes
ainsi que des mesures sociales permettant de soulager la souffrance des
populations. A cet égard, je voudrais insister sur quelques mesures importantes
qui ont été prises depuis le 1er août 2006, grâce à la marge financière dégagée
par l’amélioration de la situation de nos finances publiques. Il s’agit
notamment de :
l’apurement de tous les arriérés de paiement dus aux fournisseurs de biens et
prestataires de services à l’Etat ;
la gratuité effective de l’enseignement de base et de l’enseignement primaire de
qualité, pour toutes les filles et tous les garçons ;
le programme d’urgence de
recrutement dans la fonction publique en vue de résorber progressivement le
déficit chronique en personnel compétent et qualifié ;
le financement des dépenses d’investissement liées à la construction et à
l’équipement de salles de classes dans les écoles primaires et secondaires, de
résidences universitaires ;
le financement partiel des programmes routiers ;
la prise en charge des dépenses de transfert dans le secteur de la santé par la
mise en œuvre progressive de la gratuité des soins de santé au profit des
femmes enceintes et des enfants de moins de cinq (05) ans ; de la lutte contre
les grandes endémies, notamment le paludisme et le choléra, de la
réhabilitation du Centre National Hospitalier et Universitaire de Cotonou et la
construction de centres de santé dans plusieurs communes de notre pays ;
la mise en place du fonds de soutien au développement de la microfinance, à
travers le programme de micro crédits aux plus pauvres en vue de les insérer
dans le système productif ; et
l’amélioration de la situation salariale des agents permanents de l’Etat.
Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
De nombreux défis restent encore à
relever pour améliorer les conditions de vie des populations et pour la
construction du Bénin émergent.
Mes chers compatriotes,
Le premier défi est celui de la
restauration des valeurs morales et citoyennes. Au nombre de ces valeurs
cardinales qui mériteraient d’être réhabilitées, il y a lieu de souligner la
compétence et le sens des responsabilités, la solidarité, le respect du bien
commun, le sens de l’intérêt général, l’amour de la patrie ainsi que
l’obligation de compte-rendu et de résultats. Cette restauration des valeurs
passe par l’alphabétisation des adultes et la promotion des langues nationales
ainsi que par l’éducation pour tous, notamment le renforcement des actions en
faveur de l’éducation des filles, afin de faire reculer les frontières de
l’ignorance et de l’archaïsme. Une personne instruite est une ressource
supplémentaire pour le combat pour le développement du Bénin car, comme vous le
savez, la force première d’une Nation repose sur la qualité de ses ressources
humaines.
Aujourd’hui plus qu’hier, le
développement des Nations dépend du savoir et du savoir-faire de leurs
populations. Aussi au-delà de l’éducation de base, l’accent sera-t-il davantage
mis sur la formation professionnelle, en relation avec les secteurs économiques
porteurs de croissance, ainsi que sur la formation universitaire, la recherche
scientifique et technologique.
Dans ce cadre, l’amélioration des
performances de l’administration publique constitue un autre défi. Notre
administration publique doit être à la hauteur de l’enjeu. Elle doit devenir une
administration moderne, exemplaire au regard de l’exigence d’une gouvernance de
qualité, efficace et moins bureaucratique, une administration au service de
l’intérêt général et de la promotion du secteur privé. Dans cette optique, je
m’engage à faire de la bonne gouvernance, dans tous les domaines de la vie
politique, économique, culturelle et sociale, une norme de gestion des affaires
publiques qui consacre la recherche de l’excellence et la fin de l’impunité.
L’administration locale doit
également s’inscrire dans cette dynamique. Le transfert aux communes par
l’administration centrale, des compétences et des ressources nécessaires au bon
exercice de ces compétences doit en effet être sous-tendu par la bonne
gouvernance des affaires publiques locales et le renforcement des capacités des
conseils municipaux. L’organisation prochaine des élections municipales et
communales permettra d’ancrer encore plus la gouvernance locale dans nos us et
coutumes.
Béninoises, Béninois,
Le troisième défi est celui de la
relance de l’activité économique et l’accélération de la croissance à travers
l’amélioration de la compétitivité économique et une mise en œuvre soutenue des
réformes structurelles des entreprises publiques.
En ce qui concerne plus précisément
les réformes structurelles des entreprises publiques, il s’agira dans la plupart
des cas, d’une ouverture partielle du capital aux privés assortie d’un maintien
dans une proportion confortable de la présence de l’Etat. En d’autres termes, il
s’agira d’un partenariat secteur public secteur privé fondé sur des principes
qui garantissent les emplois des travailleurs et le plan social tout en assurant
avec plus de technologies, plus de capitaux et plus de savoir-faire, une
meilleure productivité de notre appareil économique avec un impact favorable aux
finances publiques, à la création des emplois et une grande efficacité de notre
économie nationale.
Ainsi, l’année 2007 apparaît comme
une année de transition qui aura permis de prendre la mesure du rythme auquel
notre pays passera les différentes étapes vers l’émergence économique.
En revanche, l’année 2008 devra être
une année de poursuite de ces réformes structurelles, dont la mise en œuvre
méthodique hardie et diligente, sous mon autorité, permettra de donner
progressivement corps à un Bénin émergent.
Béninoises, Béninois,
Mes Chers compatriotes,
Le combat pour le développement dans
lequel nous nous sommes engagés aboutira aux résultats escomptés, s’il est
soutenu par nos valeurs culturelles que ni le temps ni les difficultés n’ont
altérées. Ma conviction est que le développement implique également la prise en
compte de la dimension artistique et culturelle. Notre pays dispose d’un
patrimoine artistique et culturel riche que le Gouvernement s’attachera à
exploiter, à valoriser, pour faire des arts et de la culture, une grappe de
développement.
Dans ce cadre, je suis heureux de
vous annoncer que la Banque Ouest Africaine de Développement apporte à notre
pays une assistance pour le projet d’appui au secteur de l’artisanat, d’un
montant de trois milliards de FCFA. Le lancement de ce projet interviendra dans
les prochains jours en vue de l’épanouissement de tous les acteurs de cette
filière.
De même, au titre du développement
national équilibré qui donne à chacune de nos régions la possibilité de disposer
d’infrastructures socio-économiques appropriées, j’ai décidé de faire d’Abomey
un pôle de développement historique, artistique et scientifique. En appui à la
mise en œuvre du Programme de réhabilitation, il sera créé à Abomey un Centre
Polytechnique Universitaire. Les modalités de mise en œuvre de ce projet seront
déterminées par un Comité ad’hoc qui sera incessamment créé à cet effet.
Béninoises, Béninois,
Mes chers compatriotes,
Le Bénin dispose en effet de
nombreux atouts notamment sa stabilité politique ainsi que son potentiel
culturel, agricole et touristique. Par ailleurs, sa position géographique en
fait d’une part un carrefour naturel entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique
centrale, d’autre part, un point d’entrée pour le Nigeria et pour les pays de
l’hinterland.
C’est pourquoi, avec votre
participation pleine et entière, j’entends impulser une politique de
développement ambitieuse et dynamique.
C’est bien le sens que je donne à la
gouvernance concertée. C’est ensemble que nous construirons le mieux-être du
pays et sa prospérité. Je voudrais prendre avec vous, l’engagement que la
gouvernance concertée se poursuivra notamment par l’organisation de nouveaux
forums sur les grandes préoccupations de notre commune patrie. C’est dans ce
sens que s’inscrit également la création de l’Organe Présidentiel de Médiation.
Mes chers compatriotes,
Je voudrais remercier toutes les
Institutions de la République et leurs Présidents, pour la part active prise
dans l’enracinement de l’Etat de droit et de la démocratie au Bénin ainsi que
dans la construction du Bénin émergent.
Je salue le courage et la
détermination des travailleurs et des partenaires sociaux pour leur combat, en
vue de l’avènement dans notre pays, d’une société plus juste. J’associe à ces
remerciements la Société Civile et les partis politiques qui sont engagés dans
le combat contre la corruption et qui animent la vie sociopolitique de notre
pays. Mon vœu le plus cher, c’est qu’ensemble, nous construisions le mieux-être
de ce pays et que la prospérité soit partagée.
Dans cette quête commune d’un
redressement rapide de notre économie nationale, je n’oublie pas les Béninois de
l’Extérieur que je félicite pour l’engagement pris à l’occasion de leur récent
symposium à Cotonou en faveur du développement économique rapide de notre
commune patrie.
Je me dois également de saluer ici
l’action décisive de nos partenaires au développement dont les contributions
diverses ont permis à notre pays d’enregistrer des progrès notables dans les
domaines économiques et socio-culturels. Au nombre des grands chantiers dans
lesquels leur accompagnement a été particulièrement remarquable, il me plait de
citer notamment :
le redressement économique ;
l’éducation nationale ;
les soins de santé primaire.
Je demeure convaincu que les
concours multiformes de nos partenaires ne nous feront pas défaut les années à
venir dans l’œuvre sanitaire de redressement de notre économie nationale.
Béninoises, Béninois,
Mes chers Compatriotes,
Dans l’exercice de mes prérogatives
constitutionnelles, j’ai décidé d’accorder la grâce à certaines catégories de
détenus qui en remplissent les conditions. Enfin, je vous renouvelle
solennellement mon engagement personnel et celui de tout mon gouvernement à
poursuivre et amplifier la lutte contre l’impunité, la mal gouvernance, la
corruption, le détournement des deniers publics afin de donner une chance de
réussite au combat que nous menons tous ensemble pour créer la prospérité et
pour en assurer un partage équitable au profit de chacune, de chacun et de tous.
Je vous souhaite donc une excellente
fête nationale sous le regard bienveillant de la Providence qui éclaire notre
chemin et qui guide nos pas.
Je souhaite également une bonne fête
à nos compatriotes qui se trouvent en ce moment dans les hôpitaux pour des
raisons de santé ainsi qu’à ceux qui à l’extérieur œuvrent pour le rayonnement
intérieur de notre commune patrie.
Vive la République unie,
fraternelle, juste, travailleuse, prospère et solidaire !
Vive le Bénin et Vive l’Afrique,
espoir d’un monde nouveau !
Je vous remercie.
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