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MA CONTRIBUTION |
| N° 009 du 27 Octobre 2005 |
La HAAC et l'Organisation des Présidentielles de 2006

En prélude aux présidentielles de 2006, votre site SONANGNON.NET a rencontré pour vous le Conseiller de la HAAC(Haute Autorité de l'Audio-visuel et de la Communication), Son Excellence Monsieur Joseph GNONLONFOUN, ancien ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Avec lui, nous avons développé plusieurs sujets dont la HAAC dans l’organisation des présidentielles de 2006, les raisons du soutien de son Parti au Dr YAYI BONI pour les présidentielles de 2006, etc
Sonangnon.net : Quel est le rôle de la HAAC ( Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication) dans l’organisation des présidentielles de mars 2006 ?
Le Ministre Joseph GNONLONFOUN :
Il est un peu tôt pour parler du rôle de la HAAC dans les élections présidentielles de 2006.
A la date d’aujourd’hui 20 octobre 2005, je puis vous dire que la HAAC a parmi ses missions celles de réguler ce qui concerne la presse dans les élections. Nous sommes en train de prendre les dispositions par des décisions qui vont être prises pour la période de maintenant jusqu’à la campagne et pendant la campagne. Ces dispositions ne sont pas terminées. Du reste quand nous aurons pris les décisions qu’il faut, il sera nécessaire de les populariser, de les vulgariser, d’en parler aux acteurs politiques, d’en parler aux journalistes, d’en parler aux populations pour que comme nous disons dans les tribunaux : "nul n’en n’ignore". Si vous voulez dans quelques jours ou dans quelques semaines, nous pourrons actualiser ce que nous aurons à dire ou à faire aujourd’hui. ( lire Décision N°05-156/Haac )
Les élections surtout celles à venir constituent une phase importante de la mission qui est confiée à la HAAC. Cette mission est d’autant plus importante qu’il s’agit d’élections présidentielles, d’élections de celui qui aura la lourde mission de conduire ce pays dans les cinq (5) années à venir à partir de 2006. Il faudra donc que, la HAAC exerce de façon consciencieuse, de façon pointue sa mission pour qu’au niveau de la communication (je ne dis pas seulement de la presse) il n’y ait pas de dérapage et de lacune dans ce qui doit être dit et dans ce qui doit être fait.
Il faut d’abord des moyens humains. Les conseillers de la HAAC sont là, les fonctionnaires de la HAAC sont là, le personnel est là. En dehors de cela, il faut des moyens financiers que nous n’avons pas encore. J’imagine que malgré la récession économique que notre pays traverse, je pense que les moyens financiers seront mis à la disposition de la HAAC pour que la mission soit bien accomplie dans l’intérêt de la nation.
Je me résume : les moyens humains existent ; les moyens financiers j’espère qu’ils viendront. Mais en tout état de cause quels soient les moyens qu’on nous donnera on doit gérer la presse au moment de ces élections.
La CENA (Commission Electorale Nationale Autonome) vient d’être mise en place et quand elle fait son budget, on demande aussi aux institutions de faire leurs budgets pour les élections. Vous savez que le pays a d’énormes problèmes budgétaires. Il a un grand problème budgétaire et vous avez appris qu’il y aura collectif budgétaire et s’il y a collectif budgétaire c’est que ou bien il y a déficit dans ce qui est prévu ou il y a augmentation ; or la situation actuelle ne donne pas l’impression qu’il y a augmentation de moyens financiers. C’est pour cela que j’ai par prudence utilisé le verbe j’espère et je le dis d’autant plus que les élections présidentielles sont importantes et quelle que soit la récession économique, l’Etat, le gouvernement, a l’obligation même si c’est des moyens minimaux de les trouver et que chacun sache que les caisses sont déficitaires et qu’objectivement chacun fasse ce qu’il faut pour que ces élections aient lieu. Elles doivent avoir lieu.
La loi doit être appliquée. C’est le principe fondamental. Nous disons : "dura lex, sed lex " la loi est dure mais c’est la loi. Alors nous au niveau de la HAAC troisième mandature, nous disons que la loi doit être appliquée. Si la loi dit : nul ne doit présenter les résultats avant que l’institution chargée de publier les résultats le fasse ; nous, nous allons sévir s’il y a un organe de presse qui enfreint la loi. Nous sommes justement là pour réguler et dans réguler, il y a règles, il y a loi et là où il y a la loi, on censure.
Nous étions obligés, (la HAAC, les mandatures précédentes et même maintenant) de sensibiliser. Il faut faire de la prévention et c’est un peu cela. Dans une société où pendant quinze (15), dix sept (17) ans, l’information était linéaire, unilatérale et du jour au lendemain la presse est redevenue libre parce selon la loi de 1960 sur la presse, l’information est libre. La presse a toujours été libre dans les textes mais dans la réalité elle ne l’a pas été. Maintenant que nous avons recouvré la liberté, il fallait qu’on essaie d’endiguer nos hommes de presse pour qu’en partant de la contrainte, on n’aille pas dans le décor. C’est pour cela que nos prédécesseurs et nous même nous avons pensé qu’il fallait faire de la sensibilisation. Il fallait le faire d’autant plus que la plupart de ceux qui se sont lancés dans les affaires de presse et de la communication étaient de jeunes diplômés sans emploi qu’il fallait aider à avoir la maîtrise du métier. C’est pour cela d’ailleurs que les premières HAAC ont organisées des formations pour permettre de former, de sensibiliser et d’éduquer parce c’est cela qui est important. On dit « nul n’est censé ignorer la loi ». Encore faut-il que cette loi soit connue et si vous faites une loi et vous la mettez sous le boisseau, personne ne la connaîtra. Il faut donc sensibiliser avant de punir.
Notre choix est simple. Le parti National Ensemble est un parti où nous mettons la croyance en un être suprême au centre de tout. Nous avons des chrétiens, nous avons des musulmans, nous avons des vodouisants. Pour nous, la croyance est fondamentale et nous avons constaté que ce monsieur est croyant. Il est né d’une famille musulmane et il est devenu aujourd’hui protestant. Pour nous c’est le même Dieu qu’on appelle Allah ici, Dieu là etc. Tout ça c’est important parce c’est à partir de là que nous mettons l’Homme au centre de nos préoccupations et si on met l’Homme au centre de nos préoccupations, ça veut dire que dans le domaine politique il doit être notre objectif, l’Homme dans sa totalité, l’Homme dans sa globalité, chair os et esprit. Sur le plan économique, "homo economcus" : l’homme dans l’économie. Ça veut dire que nous le prenons l’Homme de la maison parce que economcus veut dire la maison et il faut qu’il soit bien nourri, bien loti, bien éduqué. Il faut que le chef d’entreprise ne considère pas l’Homme comme un vulgaire outil qu’il faut banaliser, qu’il faut exploiter. Donc l’homme social, l’homme religieux qui est lié à l’autre pour nous, c’est ça.
Nous avons constaté en cet homme une personne qui aurait pu être avec nous s’il n’est pas dans l’appareil où il est. Nous nous sommes dit qu’il faudrait que nous aidions celui là. Nous avons sept (07) éléments sur lesquels nous nous sommes basés (
lire Déclaration
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mais ce qui nous a fait le découvrir, c’est l’exclusion dont on a voulu le
frapper, l’ostracisme qu’on a jeté sur lui. Nous, nous n’acceptons pas ça. Le
Bénin nous appartient à tous. Cette affaire de loi particulière, la
discrimination, l’exclusion, l’ostracisme n’est pas acceptable. Si tant est
qu’on veut l’exclure, on s’est dit que c’est qu’il y a quelque chose en lui qui
gène. Et si il y a quelque chose en lui qui gène les biens lotis, les biens
installés, les politiquement mûrs, les politiquement sûrs, les politiquement
avancés, il faut donc composer avec celui là pour voir si notre pays ne va pas
avoir une politique autre que celle que nous avons connue c’est à dire gérer
autrement pour vivre autrement ; notre humilité nous a séduits ; on l’a mis à la
tête d’une grande banque qu’il gère avec brio et élégance. Alors confions-lui
quelque chose de plus grand.
Aucun individu seul ne peut relever ce pays. Même ailleurs, personne seule ne peut relever un pays. Il faut qu’il s’entoure d’une équipe éclairée, d’une équipe avec laquelle il va pouvoir travailler. C’est pour cela d’ailleurs que nous nous sommes dit qu’il faut qu’on l’entoure convenablement et de gens qui n’ont pas trempé dans toutes les sauces, tout ce qui est puant. Il faut que nous ayons des gens qui puissent dire : « ah ! bon monsieur le journaliste vraiment on peut aller avec vous parce qu’on sait qu’avec vous on peut faire un beau et long chemin ensemble. Seul il ne pourra rien faire. Le chef, c’est celui qui sait composer son équipe et s’il sait composer son équipe, il ira loin ; s’il ne s’est pas composé, il va chuter.
Il n’a pas fait suffisamment le pays. S’il avait fait suffisamment le pays, il aurait été plongé dans des tas de choses inacceptables. Mais celui là, il est plus au pays que certains qui y sont de corps et qui ont leur esprit ailleurs. Il est tout le temps là et il connaît d’autant plus le pays qu’il est à la tête d’une organisation qui a financé pour plus 155 milliards des projets au Bénin et vous savez comment on finance ces projets. C’est des dossiers qu’on vous envoie. Il y a des ministres (ceux qui nous gèrent aujourd’hui) qui ne connaissent pas le pays autant que lui. Quand on exécute les projets, il est sur le terrain. Quand l’autoroute Porto-Novo a été mal construite, il est venu et il leur a dit sur telle chose ce n’est pas bon. Moi je suis le président de l’association de développement de Sèmè Kpodji et j’ai vu comment cette autoroute a été construite. Je suis sûr que dans quatre ou cinq ans ça sera foutue alors que celle que les nigérians nous ont construite depuis plus de 20 ans entre Sèmè Kpodji et Kraké est là depuis ce temps. C’est vous dire que : " qui veut tuer son chien l’accuse de rage " ". certes il n’est pas dans les appareils politiques. Mais le faut-il nécessairement ? Il faut qu’il soit libre de la liberté de ceux qui peuvent prendre des décisions pour que le Bénin avance. Les barons des partis constituent des freins au développement.
Je ne sais pas si vous connaissez le latin : " De minimis non curat praetor " . le grand chef ne s’occupe pas des choses mineures. Quand nous avons dit en 1996 qu’on allait voter Kérékou, il y a eu les mêmes frictions. C’est normal, tout le monde ne peut pas être d’accord et nous ne cherchons pas à avoir l’unanimité. Evitons l’unanimisme, il est souvent source de dictature. C’est bon qu’il y ait des gens qui ne soient pas d’accord. Ce sont des gens qui pensent que leur tour est venu de gérer le pays. Mais c’est le tour de qui ? gérer le pays c’est son tour, c’est mon tour, c’est le tour de nous tous. Le tour de gérer c’est le tour de celui que le peuple voudra en mars 2006.
J’achète le gari soit à Kpanhouian, soit à Ikpilè en sac. Je n’achète jamais par Kilo et je mange énormément de gari. Il m’arrive même de délayer du gari avec arachide comme petit déjeuner les matins pour retrouver mes souvenirs. Ce que je constate c’est que ça a augmenté de prix.
Dans une société qui se gère et qui se conduit normalement, c’est normal que les prix augmentent. Mais le pouvoir d’achat devrait augmenter pour suivre une certaine proportion, un certain équilibre. Ce qu’on constate dans notre pays, c’est que le pouvoir d’achat n’augmente pas et le phénomène suivant se produit : les riches deviennent de plus en plus riches, les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et le phénomène se présente un peu comme en entonnoir. Les pauvres c’est le haut de l’entonnoir et les riches c’est le bas de l’entonnoir. C’est ça qui est terriblement dangereux dans notre société. Quand nous discutons avec Yayi Boni, nous lui disons qu’il faudrait faire les choses de telle manière que cet entonnoir qui grossit là haut avec le bas qui se rétrécit, puisse se retrouver avec le bas qui augmente et que le liquide qu’on met en haut puisse bien descendre et c’est l’objectif que nous poursuivons dans la recherche du soutien que nous voulons apporter à monsieur Yayi Boni s’il se décide à se présenter.
Je voudrais dire que si je n’étais pas né béninois, je le regretterais. Le Bénin est un pays extrêmement difficile mais passionnant. Moi je suis revenu au pays depuis 1968 et je n’ai pas envie d’en repartir. Je suis à la retraite depuis 1998 et je suis là. Mes enfants sont revenus et ils sont là. Je crois que ce pays vaut la peine qu’on soit là parce que personne d’autre ne le construira en nos lieu et place et je suis fondamentalement pro-Guézo, celui qui a dit qu’il faut qu’on se donne la main pour boucher la jarre trouée parce c’est ça ce qu’il nous faut d’une part.
D’autre part, nous ne nous aimons pas suffisamment et quand moi je fais quelque chose et que c’est bon, il faut que mon adversaire ait le courage de dire : « Gnonlonfoun a fait quelque chose qui est bon ». Si je fais quelque chose qui est mauvais, ayez le courage de le dire et que moi j’aie l’humilité de savoir que ce qu’il a dit, il l’a dit honnêtement et franchement. Donc il faut que nous créions une fraternité pour que notre devise Fraternité Justice Travail soit véritablement ce qui nous guide et nous conduit vers des lendemains meilleurs.
Qu’il s’en sorte.
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