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LE MATINAL |
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Pour siéger à l’Assemblée nationale : Cinq ministres démissionnent du gouvernement
Conformément au vœu du chef de l’Etat Yayi Boni avant son voyage pour l’Allemagne où il prend part à un sommet sur l’avenir de l’Afrique, les cinq ministres élus députés ont remis officiellement hier mardi 22 mai 2007, leur tablier au cabinet du président de la République pour se consacrer aux fonctions parlementaires. Ces départs confirment la formation plus qu’évidente d’une nouvelle équipe ministérielle.
Les choses se précisent quant à la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale. En effet les cinq démissions auxquelles on vient d’assister dans le gouvernement du président de la République Yayi Boni, confortent l’hypothèse selon laquelle le chef de l’Etat va retoucher à son équipe. Cinq départs du gouvernement pour le parlement. Les ministres démissionnaires avaient jusqu’à hier mardi 22 mai 2007 pour choisir entre la fonction ministérielle et celle parlementaire. Mais le chef de l’Etat n’a pas donné la latitude à ses collaborateurs de prendre sur eux-mêmes la responsabilité de faire un choix. Avant de s’envoler pour l’Allemagne, il les a sommé de quitter son gouvernement avant son retour. Mis devant le fait accompli, ils ont tous déposé leur démission au directeur de cabinet du président de la République qui rendra compte. Une démarche répondant non seulement au vœu du chef de l’Etat, mais qui aussi colle à l’esprit de la loi faisant obligation aux personnes qui cumulent deux fonctions : nominative et élective pour le cas des ministres-députés. A partir donc de l’installation des nouveaux membres de l’Assemblée nationale le 23 avril 2007, ils disposaient d’un mois pour se prononcer. Ils ont effectivement plié bagages du gouvernement pour mettre un terme à leur cumul et Yayi Boni va devoir trouver dans les tous prochains jours les remplaçants de Mathurin Nago, précédemment ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, d’Edgard Alia précédemment chargé de la sécurité et des collectivités locales, de Venance Gnigla qui jusque hier occupait le portefeuille de la communication et des nouvelles technologies. A ces trois postes vacants, il faut ajouter deux autres départements ministériels qui viennent aussi de voir leur titulaire installé à l’Assemblée nationale. C’est celui de l’énergie des mines et de l’eau Jocelyn Dégbey et celui de l’urbanisme, des logements, de la réforme fonctionnaire et de la lutte contre l’érosion côtière François Noudégbessi. Autant de vide dans le gouvernement que le locataire de la Marina est appelé à combler. En attendant les directeurs de cabinets sont chargés de liquider les affaires courantes.
Seront-ils rappelés ?
Il n’est pas exclu que trois d’entre eux reviennent dans la prochaine équipe, puisqu’en dehors de Mathurin Nago désormais deuxième personnalité du pays après avoir gagné le perchoir et qui n’a plus intérêt à lorgner du côté du gouvernement, de Jocelyn Dégbey dont le parti est en disgrâce avec Yayi Boni, les autres bénéficient dans une certaine mesure de la confiance du chef de l’Etat. Mais ce capital confiance ne suffit pas aux yeux du président de la République pour revenir dans son équipe. Ils seront jugés sur l’index de leur bilan après avoir passé plus d’un an au gouvernement et moins de douze mois pour François Noudégbessi. Il est donc clair qu’ en absence de résultats tangibles, le chef de l’Etat hésitera longtemps avant de reconduire ceux qui ne l’ont pas convaincus. Et il faut dire que sur plusieurs sujets d’intérêt national, très peu de ministres récolteront la mention acceptable. Chacun devra être mis devant son bilan. Il faut avoir le courage de le dire, le passage de ces hommes à la tête de ces différents ministères n’ont pas provoqué un changement profond ou soulevé un réel enthousiasme. Si le chef l’Etat devrait tenir compte de ces données visuelles, il sera obligé de balayer tout le monde. Et comme le président de la République a une préférence pour les hommes pieux, même en l’absence d’un bilan positif, il peut repositionner ceux qui prient de la même manière et ont une même conception religieuse que lui. Un panneau dans lequel se retrouve le ministre François Noudégbessi. Ce n’est pas l’envie de rester au gouvernement qui manque et le tout n’est pas que d’être de la formation politique du chef de l’Etat. Il faut aussi accepter appartenir à un gouvernement composé de simples exécutants. Sur ce plan tous l’ont été. Face à la volonté du président de la République de tout contrôler à son seul niveau, ils n’ont plus de marge de manœuvres pour mener à bout leur propre initiative. On comprend aisément pourquoi dans une certaine mesure les résultats qu’ils laissent pour l’hémicycle n’ont pas été à la hauteur des espérances. Dans ces conditions, quitter le gouvernement pour aller siéger à l’Assemblée nationale apparaît comme un soulagement. Pourquoi pas une délivrance et une garantie de quatre ans en tant qu’élu du peuple.
Fidèle H. Nanga
23 Mai 2007
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