Il n’est plus un secret que le général Mathieu Kérékou sort rarement. L’on se rappelle que sa dernière sortie, mis à part sa présence à l’enterrement de l’épouse du premier président du Bénin, Hubert Maga, remonte à l’audience que lui a accordée en compagnie du président Nicéphore Soglo, le chef de l’Etat, Boni Yayi. On en veut pour preuve, son attitude vis-à-vis du président de la 5è mandature, Mathurin Nago qui après son installation, a rendu visite aux anciens présidents de l’Assemblée, aux présidents d’Institution et aux anciens présidents de la République, Emile Derlin Zinsou et Nicéphore Soglo. Contrairement au président Nicéphore Soglo qui a dirigé le Bénin de 1991 à 1996 et qui continue d’être sur la scène politique, en tant que maire de Cotonou et l’ancien président Emile Derlin Zinsou, qui continue d’être le président d’honneur du parti Undp et de l’association de lutte contre la drépanocytose, le général Mathieu Kérékou a choisi une retraite calme. Malgré l’âge très avancé de ces deux présidents, ils continuent d’assumer des fonctions et de s’impliquer dans les questions politiques. L’on se pose alors la question de savoir ce qui motive le général qui a su passer de la révolution à la démocratie dans la paix, à observer ce mutisme. A défaut d’avoir un parti politique, l’homme qui a su préserver la paix sociale au Bénin peut diriger une fondation à l’instar du président Chirac qui envisage déjà cette option avant de quitter l’Elysée. Une initiative qui, non seulement l’immortalise mais contribue à la réduction de la pauvreté selon les objectifs du millénaire. Mais rien de tout cela n’est pressenti depuis plus d’un an que le général est à la retraite, puisque frappé par la limite d’âge telle que définie par la Constitution du 11 décembre 1990. Hors du Bénin, la liste des anciens présidents qui marque leur présence sur la scène sociopolitique est longue. A titre d’exemple, les anciens présidents Abdou Diouf, Alpha Omar Konaré qui sont aujourd’hui, respectivement présidents de l’Organisation internationale de la francophonie, et de la Commission de l’Union africaine. Bref, le général Mathieu Kérékou refuse d’aller à l’école des anciens présidents alors que son expertise peut être encore d’une grande utilité pour le Bénin.
Chales YANSUNNU
15 Juin 2007